Définir la notion de livre service

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Un nouveau service lié au livre

Avec le numérique, le livre n’est plus un support indépendant. S’y greffe des services qui permettent de s’adapter aux pratiques des internautes. Ainsi, le guide de voyages est-il de plus en plus souvent associé avec des audio-guides qui permettent de découvrir une ville sans avoir à lire les informations, disponibles grâce au téléchargement de fichiers compatibles avec les lecteurs MP3 ou les téléphones mobiles.

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Cette notion a été mise en avant par Nathalie Quint et Hadrien Guardeur durant le BookCamp qui s’est déroulé à Paris en juin 2008, puisqu’ils intervenaient dans l’atelier intitulé : « Du livre personnalisé au livre service. » Mais qu’entendons-nous par « livre service » ? En quoi représentent-ils une évolution du livre personnalisé ?

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Définition. Avec le numérique de nouvelles potentialités s’offrent au livre et notamment celle d’associer au contenu textuel des ressources complémentaires qui passent par l’association d’autres médias. Le livre service est donc un ouvrage qui n’est plus uniquement destiné à être lu, mais qui proposent au lecteur de faciliter son accès à certaines informations ou d’offrir des applications qui s’adaptent à des situations particulières. Ainsi, cette évolution du livre est-elle en lien avec le mouvement de personnalisation des contenus, puisqu’il s’agit alors de s’adapter aux pratiques des lecteurs en offrant des services annexes.

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De la théorie à la pratique. Dans les faits, quels services sont offerts dans ces livres ? Les guides de voyages semblent être relativement avancés sur la question. En effet, disponibles sur Internet, ils proposent un certain nombre de services. Le site cityzeum.com en est une bonne illustration. Outre les guides de voyages visualisables sur Internet, ce site propose une version imprimable, une version audio mais également des guides visibles sur mobile et GPS, avec toutes les possibilités que ces outils offrent. Ainsi, le GPS va m’indiquer directement comment me rendre à l’endroit que je souhaite visiter ou au restaurant qui se situe non loin de ce lieu. Les audio-guides me donnent quant à eux la possibilité de découvrir un lieu sans avoir les yeux rivés sur le livre.

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Les enjeux du livre service. Tous les types d’ouvrages disponibles sur Internet peuvent offrir des services adaptés aux contenus qu’ils proposent et aux pratiques de lecture qui y sont liées. Ils sont intéressants dans le cadre de notre problématique en cela qu’ils offrent une plus-value au livre et nécessitent une adaptation de la part des éditeurs qui doivent se familiariser avec ce type d’outils. Ils suscitent néanmoins des interrogations, notamment concernant le fait qu’ils soient payants ou pas. En effet, si les services proposés par le site cityzeum sont gratuits, les internautes sont-ils prêts à les payer ?

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Je suis assez ignorante concernant les éditeurs qui proposent des livres service dans les autres secteurs éditoriaux. Alors, si vous en connaissez, n’hésitez pas à nous en faire part via les commentaires !

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Source : La Feuille, http://lafeuille.homo-numericus.net/tag/livre-personnalise.

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Après la Vidéo On Demand, le Text On Demand ?

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Alors que le support papier induit une logique d’offre, le support numérique induit une logique de demande. L’impression à la demande (Print On Demand) permet au lecteur de choisir le support de réception de son texte, à savoir papier ou numérique. Aujourd’hui, de plus en plus d’éditeurs en ligne, tel Feedbooks, proposent au lecteur de choisir le format numérique dans lequel il souhaite recevoir son texte, format choisi en fonction des supports que sont par exemple le Kindle d’Amazon ou le Reader de Sony. Le rapport au livre s’en trouve modifié et le rôle de chacun des acteurs de la chaîne traditionnelle du livre est à repenser en fonction de la donne numérique.

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Prenons l’exemple de Feedbooks. Avec des acteurs comme Feedbooks sur le marché de l’édition, l’économie de cette dernière tend à se rapprocher d’une économie des pure players où tout passe par Internet et où le domaine d’activité est le numérique et ses liseuses. Si le travail éditorial sur le contenu reste le même, il n’en va pas de même pour les derniers maillons de la chaîne traditionnelle du livre. Avec ce système, l’interaction entre le lecteur et l’éditeur est renforcée, en revanche celle du lecteur avec son libraire est mise à mal. Suite au rapport Accueillir le numérique ?, établi pour le Syndicat de la librairie française, Audrey Williamson a rendu compte des changements à prendre en compte dans le métier du libraire dans un article intitulé Le libraire du XXIe siècle.

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Et le libraire ? Si l’éditeur s’adapte au numérique, une fusion entre maison d’édition et librairie ne serait pas inconcevable. On voit déjà des éditeurs en ligne, tel LePublieur.com, proposer des vitrines thématiques et virtuelles de leur catalogue. C’est pour cette raison que le libraire a la nécessité d’utiliser les potentialités du numérique, au-delà de l’opposition entre technophobes et technophiles, pour continuer à jouer son rôle d’intermédiaire entre l’éditeur et le lecteur, en tant qu’ultime maillon de la chaîne du livre. Audrey Williamson imagine des possibilités « d’indexation et référencement des contenus, feuilletage en ligne, newsletter, agenda d’événements, forums de lecteurs, réseaux sociaux, critiques de livres, géocalisation, commande d’ouvrages, etc. » afin que le travail de médiation entre l’offre éditoriale et le lecteur soit renforcé et non abandonné.