Intuitions concernant l’avenir de l’édition

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Numérique vs Edition ?

Nous ne sortirons pas nos boules de cristal pour tenter de découvrir quelle sera l’issue du face à face entre l’édition traditionnelle et le numérique, mais nous allons proposer notre vision de la situation. Et si le problème résidait dans l’opposition communément réalisée entre numérique et papier ?

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Peut-être nous faisons-nous de faux espoirs en pensant que les éditeurs ne sont pas menacés par les ebooks et autres supports numériques, simplement parce qu’ils n’engendrent pas les mêmes pratiques de lecture. En effet, si nous n’imaginons pas la possibilité de lire de longs textes sur écran aujourd’hui, ni celle de ne pas avoir un contact physique avec le livre, cela sera-t-il le cas des générations à venir, nées avec ces nouvelles technologies et appelées « natives » ?

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Peut-être sommes-nous utopiques d’imaginer que les éditeurs soient indispensables à la production de livres, qu’ils soient papiers ou électroniques, non seulement pour le travail de mise en page des textes mais également pour celui de sélection qu’ils réalisent en amont. Peut-être est-ce absolument inepte de se dire que n’importe qui ne peut pas devenir éditeur parce que son rôle fait appel à un certain nombre de compétences mais aussi parce qu’il est indispensable dans un contexte où la masse d’informations disponibles sur Internet permet de mettre en avant son rôle de garant d’une certaine qualité de contenu (même si celui-ci peut être contesté).

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Peut-être, tout simplement, les éditeurs, par leur immobilisme, laisseront-ils des acteurs extérieurs au monde du livre prendre en main l’édition électronique, refusant de cette manière les possibilités d’extension de l’offre que permet le numérique.

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Peut-être allons-nous avoir une vision quelque peu différente au fil des articles que nous publierons sur notre blog. En tous cas, selon nous, à l’heure d’aujourd’hui, le livre numérique ne fait pas concurrence au livre papier dans son ensemble, car il engendre des pratiques de lecture spécifiques (difficulté de lire de longs textes, services complémentaires associés, etc.). Cependant certains domaines de l’édition, tel que le secteur universitaire, sont remis en causes par ces nouvelles technologies du livre et doivent prendre en considération ces nouveaux supports pour s’adapter à leur public et perdurer. Or, même dans ce contexte, il ne s’agit alors pas de parler de « mort des éditeurs » mais d’adaptation aux nouvelles données du marché, car par le travail qu’ils effectuent sur le texte, ces professionnels du livre apparaissent indispensables pour assurer la qualité des contenus et leur mise en page, tout aussi nécessaire pour en assurer la lisibilité.

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